Entrevue du vendredi: être monitrice LLL

Cette fin de semaine à Montréal se tient le congrès annuel de la Ligue La Leche. Pour l’occasion, nous vous présentons une bénévole impliquée dans l’organisme. Jessyka a 28 ans et quatre belles filles âgées de 9 à 3 ans. Elle a choisi de rester à la maison après la naissance de son aînée et a commencé à faire du bénévolat en allaitement lorsque son bébé a eu un an.

Jessyka a aussi une petite entreprise à la maison qui s’appelle Empreinte de fée.  Elle fait des savons et des produits corporels artisanaux. Elle enseigne le massage pour bébé ainsi que la méthode Bonapace.

Pourquoi tu as voulu devenir monitrice de la Ligue La Leche
Lorsque j’ai eu ma première fille je suis tombée en amour avec tout ce qui touche la périnatalité. Je me suis alors jointe au groupe d’allaitement de mon quartier. J’y suis restée quatre ans, mais à la fin je ne m’y sentais plus à ma place. J’ai alors connu une monitrice de la LLL et je me suis rendue compte que toute cette philosophie me collait à la peau. Comme eux, je crois que l’allaitement n’est pas qu’un mode d’alimentation et que beaucoup de difficultés sont plus faciles à passer avec un maternage naturel, j’ai donc fait les démarches pour être accréditée comme monitrice. J’avais et j’ai encore cet énorme besoin d’apprendre, d’accompagner et d’aider des mères et des familles.

Justement, à quoi ressemble la formation pour être accréditée?
Avant d’être monitrice, on doit être stagiaire. La formation se fait à notre rythme, car l’on sait que les femmes ont des familles et que celle-ci doit rester leur priorité. En moyenne cela prend un an de formation pour être accréditée et l’on doit avoir allaité son enfant au moins un an. Il faut  d’abord assister à quatre réunions d’un groupe de la LLL. Durant la formation, on fait beaucoup de lectures, des mises en situation que l’on fait avec des monitrices accréditées, on répond à un grand questionnaire sur les particularités de l’allaitement. On doit aussi écrire notre histoire de maternage et  animer une réunion en étant assistée d’une autre monitrice. Ensuite notre formation est tenue à jour par le biais d’une publication entre monitrices qui contient beaucoup d’information et par des formations bi-annuelles.

Maintenant que tu es monitrice, qu’est-ce que cela te demande comme implication?
Les deux principales implications des monitrices sont d’abord la ligne téléphonique 1-866-allaiter ou un service téléphonique plus local (les mères ont les numéros des monitrices du groupe de leur région). Les monitrices sont « de garde » une semaine sur six et pendant cette semaine, elles reçoivent de nombreux appels chez elles. Quand les gens appellent une monitrice, ils appellent directement chez la monitrice et non pas dans une centrale téléphonique. Notre travail consiste à répondre à leurs questions. L’autre implication se fait lors des réunions des groupes LLL. Selon les années, je m’implique aussi au congrès annuel. Au fond, chaque monitrice s’implique dans ce qui lui plaît davantage, selon ses disponibilités.

Quels genre d’échanges et de contacts tu as avec les femmes?
Je fais toujours tout pour que les contacts se fassentt dans le respect des différentes valeurs et dans l’ouverture. Les mères viennent volontairement me voir ou me téléphoner. Lors de tous les échanges, j‘écoute beaucoup la mère pour comprendre où elle en est et où elle veut aller. J’essaie de voir si ses désirs sont bien les siens ou s’ils proviennent des pressions des autres. Ensuite je l’informe pour ne pas qu’elle prenne ses décisions en se basant sur des mythes ou de l’ information erronée.

Comment tu décrirais l’approche de LLL?
Naturelle! Nous sommes des mères qui écoutons d’autres mères. Toute l’idée de l’allaitement et du maternage se veut aussi naturelle. Les bébés sont les mêmes qu’ils naissent en Afrique ou en Amérique: ils ont les mêmes besoins d’être allaités, collés en peau à peau, d’être sécurisés. Le bébé moderne n’existe pas! Les besoins primaires n’ont pas changé. Aussi, le désir de toutes les monitrices de la LLL est de soutenir les mères qui veulent allaiter et de faire en sorte que chaque mère puisse faire ses propres choix.

Que réponds-tu aux gens qui affirment que LLL a une approche extrêmiste de l’allaitement?
Nous ne sommes que des mères qui aidons d’autres mères à allaiter en offrant un soutien et de l’information à celles qui le désirent. Personne n’est obligé de prendre contact avec la LLL ou d’ailleurs avec aucun autre groupe d’entraide en allaitement. Cependant, plusieurs mères ont trouvé depuis plus de 50 ans que le soutien d’une autre mère qui a allaité son enfant peut être un outil précieux lorsqu’on rencontre des difficultés. Allaiter est naturel, mais c’est aussi un geste qui s’apprend et trop souvent, les mères donnent naissance à leur enfant sans avoir vu une mère allaiter son enfant ou son bambin. Le geste de l’allaitement doit être appris en l’espace de quelques jours au moment où le bébé vient de naître. Ce n’est pas toujours facile. C’est normal d’avoir besoin d’aide.

Oui nous croyons que l’allaitement est l’idéal pour l’enfant et sa mère. Nous suggérons des solutions possibles mais ensuite chacune est libre de prendre ses propres décisions. Est-ce extrémiste? Je ne le crois pas! Disons-nous aux gens qui prônent l’alimentation saine qu’ils sont extrémistes? Non. Pour l’allaitement, c’est pareil. Mais, parce que l’allaitement est souvent un sujet chargé émotivement, il faut l’aborder délicatement en prenant chaque mère où elle en est rendue dans son cheminement de maternage. Les mères ont besoin d’entendre une information qui est juste et elles ont besoin de beaucoup de soutien lorsqu’elles font le choix d’allaiter. La LLL est un organisme de soutien reconnu mondialement qui respecte chaque mère et qui offre gratuitement sa très grande expertise.

Qu’est-ce que ton implication comme monitrice t’a apporté?
De voir une femme qui est bien avec son histoire d’allaitement, pour moi, c’est un bonheur. Que son allaitement dure trois jours, trois mois ou trois ans l’important c’est que cette maman- là en garde un bon souvenir.  Parce que les souvenirs d’allaitement sont intimement liés à l’arrivée de notre bébé et on les conserve longtemps dans notre cœur. Il est primordial que ces souvenirs soient le plus positif possible.

Merci Jessyka et bon congrès à toutes celles qui y assisteront en fin de semaine!

(photo: La Leche League International)

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