Témoignage d’une lectrice

Il est toujours agréable pour nous de recevoir des nouvelles de nos lectrices. Ce récit témoigne tout particulièrement de l’importance du soutien en allaitement, particulièrement du soutien du conjoint et des proches. Voici le témoignage de Julie-Ann et de son bébé Olivier.

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Avant même la naissance d’Olivier, je voulais absolument allaiter, il n’y avait pour moi aucune autre façon de nourrir mon bébé. Les seuls biberons que j’avais étaient les biberons promotionnels que j’avais reçus par la poste, et je les avais rangés bien loin dans mes armoires. J’étais convaincue qu’allaiter serait facile puisque naturel. J’avais lu plein de livres sur l’allaitement qui m’en convainquaient: le bébé doit prendre une grande bouchée; il doit prendre le sein en « hamburger »; il faut bien l’entendre avaler… Tout me semblait si facile.

Je suis tombée de haut à l’hôpital lorsque mon fils ne voulait pas prendre mon sein qui, selon les infirmières, était trop ferme et dont le mamelon était plat et invaginé. Invagi-quoi???? Mon chum a surpris les infirmières à parler dans mon dos. Elles disaient que jamais je ne réussirais à allaiter. Mon fils a fait une jaunisse et l’infirmière m’a mis beaucoup de pression pour qu’il prenne le biberon puisqu’il devait boire pour éliminer la jaunisse. Je lui ai donc donné de la préparation avec une seringue et un cathéter. Avant de quitter l’hôpital, on m’a remis une « prescription » pour la clinique d’allaitement et quelques bouteilles de lait.

Le plus difficile a été la première nuit seule à la maison. À l’hôpital, on n’avait pas beaucoup d’aide, mais il était quand même difficile d’être complètement seule. J’ai fini par lui donner des biberons en pleurant. Dès le lever du soleil, j’ai contacté la clinique d’allaitement qui me donnait un rendez-vous deux semaines plus tard. J’ai éclaté de nouveau en sanglots. J’ai appelé l’infirmière du CLSC en la suppliant de venir nous voir le plus tôt possible pour la visite postnatale. Dieu merci, je suis tombée sur une infirmière vraiment super (merci Sylvie!) qui a confirmé que j’avais les seins fermes, et les mamelons plats et invaginés! Elle m’a aidée à mettre mon bébé au sein, elle a constaté que ça ne fonctionnait pas du tout. Elle m’a alors suggéré la téterelle. Pendant que mon chum était à la pharmacie à la recherche d’une téterelle, je pleurais encore une fois toutes les larmes de mon corps. J’avais lu que la téterelle ne devait être utilisée qu’en dernier recours. J’avais très peur que ça gâche mon allaitement. Je ne pouvais pas croire que mon petit ange avait seulement 4 jours et que j’étais déjà au dernier recours. Je ne pouvais pas croire que j’allais lui donner du lait en poudre. Je broyais du noir. Je me disais:  » Et si la téterelle ne fonctionne pas? Et si la jaunisse s’aggrave à cause de mon entêtement à allaiter?

La première fois que j’ai mis mon bébé au sein avec la téterelle et que je l’ai vu boire et avaler, je me suis mise à pleurer et Sylvie aussi (la super infirmière du CLSC). Quel bonheur de voir mon bébé boire de mon lait. Mais je ne voulais pas allaiter  pour toujours avec la téterelle. J’ai téléphoné Allaitement Québec, et la consultante en allaitement là-bas m’a beaucoup aidée pour la mise au sein, mais surtout elle m’a aidée à retrouver la confiance que j’avais au début et que j’avais vite perdu. Mille fois par jour, je me demandais si mon bébé avait assez bu. J’ai fini par comprendre que s’il semblait calme, c’est qu’il a assez bu et si ce n’est pas le cas, il allait en redemander. Après deux mois, j’ai réussis à mettre bébé au seins sans téterelle. Ce n’était pas facile: il décrochait ou prenait juste le bout. Mais quel bonheur de voir mon petit amour se gaver de mon lait directement dans la « pinte »comme dirait mon chum!

Grâce à mon chum, ma mère et Allaitement Québec,  j’ai tranquillement retrouvé confiance en moi. Mais ça m’a pris 3 mois avant d’être capable d’allaiter sans avoir envie de pleurer à chaque boire. Je me demandais toujours comment ça allait se dérouler. Mon fils va avoir 6 mois la semaine prochaine et il est toujours allaité. Je me suis aperçue que j’avais vraiment une « tête de cochon ». Je suis très fière d’avoir tenu le coup et de voir grandir mon petit bonhomme nourri de mon lait et depuis quelques jours de céréales! Cette expérience m’a aussi beaucoup rapproché de ma mère qui m’a beaucoup soutenue dans tout ça. L’allaitement a ses hauts et ses bas, même si aujourd’hui ça va bien, j’ai encore des questions et des incertitudes. Et il y a aussi les petits bobos dus à allaitement, les engorgements ou le vasospasme. Dans ces moments, je téléphone aux lignes d’entraide qui me rassurent, me donnent des trucs et répondent à mes questions ou encore je vais au CLSC faire peser mon petit ange pour me rendre compte chaque fois que tout va bien. Parfois les gens me demandent quand je pense arrêter d’allaiter et chaque fois je me surprends à répondre: «Mais pourquoi arrêter?».

À toutes les futures mamans qui désirent allaiter, je dis, de persévérer, que ça vaut la peine. De ne pas se gêner d’aller chercher de l’aide et surtout de ne pas attendre. Les lignes d’entraide sont extraordinaires, les filles sont super gentilles et disponibles. Qui sait peut-être tomberez vous sur moi. Et oui! J’ai décidé à mon tour d’aider des mamans. Essayez aussi de rire au travers tout ca, plus facile à dire qu’à faire, mais pour moi l’humour m’a aidée à ne pas voir tout en noir. Si c’était à recommencer, dans ma valise pour l’hôpital, j’apporterais le numéro de téléphone de ses filles et mon livre Bien vivre l’allaitement. Même si c’est cliché, j’ai aussi envie de dire aux futures mamans que en bout de ligne on oublie un peu les mauvais moments pour laisser la place au beaux moments dans notre mémoire. Je réalise ceci en écrivant mon histoire.

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