Allaitement en France: l’entrevue avec Mère Joie I

Nous avons rencontré la blogueuse française Mère Joie grâce à Twitter, où elle annonçait la publication d’un billet sur l’allaitement. Ses écrits correspondaient tout à fait au ton de Bien vivre l’allaitement. Nous avons eu l’impression de trouver notre âme sœur outre atlantique !

S’en sont suivis divers échanges qui ont menés à une critique de notre livre (publiée sur le blogue français de la Poule Pondeuse) puis à une entrevue qu’elle a bien voulu faire avec nous.

Nous avons aussi eu envie de pousser plus en avant ces échanges. Le Québec et la France partagent des liens profonds depuis longtemps. En même temps, nos deux pays ont chacun leurs particularités propres. D’avoir la chance de réfléchir ensemble à un sujet comme l’allaitement nous semble être un réel privilège.

Nous vous proposons donc une entrevue avec Mère Joie que nous publierons sur trois jours. À travers ses propos, nous vous invitons à explorer une réalité française de l’allaitement, avec ses richesses et sa complexité.

Qui êtes-vous, chère Mère Joie, comment votre aventure a-t-elle commencé sur la blogosphère?

Bonjour, bonjour ! J’aimerais vous dire d’emblée pour coller à mon blog que je suis maman de trois enfants (une fille de 13 ans, 2 garçons de presque 4 ans et 6 mois) mais si j’écris sur ma vie de mère, celle-ci n’est qu’un support pour moi à l’écriture. Je n’écris pas pour parler de moi, je parle de moi pour écrire. 

Donc nous dirons que je suis une formatrice pour jeunes et adultes dans le social en arrêt depuis la grossesse de mon fils aîné et récemment au chômage. Quand je travaillais, je me chargeais d’aider les autres à communiquer, maintenant je suis l’auteure d’un journal (en très grande partie) humoristique. Je suis passée de l’autre côté…

J’ai ouvert mon blog en congé parental d’éducation pour avoir une activité enrichissante chaque jour hors du cercle familial et intellectuelle, pour conserver des relations sociales (je vis en pleine campagne), garder un rythme, une certaine discipline en écrivant quotidiennement et améliorer mon style pour passer peut-être ensuite à quelque chose de plus dense et plus construit. Je suis une vraie fourmi, besogneuse (pas pour le ménage, me souffle mon Légionnaire qui vient de terminer le nettoyage de la salle de bains à l’heure où je lui lis mon brouillon…).

 

Sur votre blogue, vous avez écrit une série de billets sur l’allaitement, d’où vous est venue l’idée? Pourquoi ces réflexions?

Avec ce troisième allaitement j’apprends beaucoup et je comprends mieux toute la portée de l’allaitement. Je me suis mise alors à réfléchir dessus différemment, de façon plus conceptuelle et avec moins d’affect.

Je crois que je suis partie de trois interrogations principales « Pourquoi l’allaitement ne se passe-t-il jamais comme dans les livres ? », « Y a-t-il vraiment une dérive naturaliste ? » et « L’allaitement est-il un ou a-t-il de multiples facettes ? ».

Mais j’avais tout de même en tête de montrer que si on ne voyait pas seulement un mode d’alimentation dans l’allaitement, on vivrait un allaitement plus serein (je partais avec quelques préjugés).

Mon but était de soutenir les femmes qui allaitent sans opposer allaitement et préparations pour nourrissons et sans jeter l’opprobre sur les femmes qui n’ont pas allaité. D’une part, je respecte ce choix quand il n’est pas malheureusement trop souvent plutôt un désir d’allaitement en échec et de deux car si le sujet est si sensible, c’est qu’il peut y avoir du passif derrière. Avec l’allaitement, on marche sur des œufs. Et c’est dramatique de pointer du doigt des mères au lieu de les valoriser dans ce qu’elles vivent. Ca l’est encore plus quand elles n’ont pas réussi à faire autrement à ce moment-là, en souffrent et ne sont pas entendues dans leur douleur.

J’ai demandé dans un premier temps, sur les réseaux sociaux des témoignages de mères allaitantes ou non pour avoir leur ressenti sur leur vécu sein / biberon, lait maternel / préparations pour nourrissons. J’avais tout de suite mesuré intuitivement que même si j’avais plus de recul qu’avant, le thème était passionnel, sujet à contre-transferts et qu’il me faudrait développer mon empathie pour travailler sur l’allaitement ni comme on traite un sujet de sciences exactes ni en me laissant aller à un plaidoyer. J’avais besoin de me sentir proches des femmes.

Et ça m’a permis d’aller beaucoup plus loin dans mes hypothèses, voire de les réfuter et de creuser de nouvelles pistes.

Maintenant, j’ai entre autres quelques modifications à faire à la suite de nouvelles informations, notamment sur les chaleurs de certains animaux pendant l’allaitement et j’aimerais davantage pousser mes investigations sur l’allaitement long.

Pour lire les écrits de Mère Joie sur l’allaitement : Dossier sur l’allaitement – Introduction

Demain : le regard critique de certains intellectuels français sur l’allaitement

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4 Réponses

  1. […] Pour lire la première partie, c’est ici. […]

  2. […] première partie de cette entrevue est ici et la deuxième se trouve […]

  3. […] désormais en accès privé, va savoir pourquoi, mais vous pouvez consulter une itv d’elle ici, c’est d’ailleurs un site sur l’allaitement que j’ai pas mal parcouru). […]

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