Comment reconnaître une production suffisante

Source: Getty/The Mirror

Source: Getty/The Mirror

Un produit nouvellement sur le marché a récemment fait beaucoup de bruit.

La compagnie Milkscreen proposait aux mères une façon de savoir si elles produisaient assez de lait.

Leur technique? Trois étapes faciles:  1) tirer du lait 2) remplir une grille d’évaluation en ligne et 3) recevoir des résultats personnalisés sur la qualité de leur production.

Heureusement, suite à une mobilisation lancée sur les médias sociaux et grâce à une pétition en ligne signée par plus de 11 000 personnes, la compagnie a annoncé qu’elle retirait ce produit du marché.

Quelle belle occasion pour rappeler les signes qui indiquent qu’une femme produit assez de lait pour son bébé.

Tout va bien!

  • Le bébé mouille au moins 6 couches, et de 5 à 21 jours, il fait au moins 3 bonnes selles par jour;
  • On l’entend, le voit et le sens téter, puis avaler;
  • Le bébé est tonique, vif, éveillé;
  • Il est au sein à volonté, aussi longtemps qu’il le désire.
  • Sa croissance respecte le développement normal prévu à son âge

Signes trompeurs qui ne permettent pas de savoir si tout va bien

  • « Mon bébé dort (ou ne dort pas) toute la nuit » : un bébé qui enfile de longues heures de sommeil dès la naissance et qui est difficile à réveiller peut fort bien ne pas recevoir assez de lait. De la même façon, un nourrisson qui se réveille plusieurs fois la nuit pour téter n’indique surtout pas que vous ne produisez pas assez de lait;
  • « Mon bébé est toujours au sein »: Une demande fréquente est normale, elle permet de faire augmenter la production de lait (il faut tout de même s’assurer que le transfert se fait efficacement);
  • « Mon bébé est (ou n’est pas) au sein de huit à douze fois par jour »: Bien plus que le nombre de fois qu’un bébé va sein, c’est la qualité de la tétée qui est importante;
  • « Mon bébé pleure »: Les pleurs sont une façon pour un bébé de communiquer ses besoins;
  • « Je n’ai même pas réussi à tirer 10 ml de lait! »: Le lait que vous tirez ne correspond en rien à la quantité que votre bébé prend;
  • « Mon bébé a vidé un biberon de 100 ml après la tétée! » Bien des bébés vont prendre un biberon même s’ils ont bu au sein. Ils ont besoin de téter et ce n’est pas un signe qu’il ne reçoit pas assez de lait au sein;
  • « Mes seins sont mous »: Après une semaine ou deux, votre corps est mieux adapté à la lactation et vos seins seront de moins en moins « pleins ». L’engorgement n’est pas un signe que vous « débordez » de lait et il ne faut pas attendre cette sensation avant de mettre bébé au sein;
  • « Je n’ai plus de lait le soir »: La production varie au cours d’une même journée. C’est un phénomène qui correspond à des variations hormonales, mais aussi biologiques, propres à notre espèce;
  • « Mes seins ne coulent pas (plus) entre les tétées » : L’écoulement des seins entre les tétées n’a rien à voir avec la quantité de lait que vous produisez.

Être prêt pour les solides

Source: Côté famille

Plus tôt cette semaine, le New York Times faisait état d’une enquête menée par le CDC qui indiquait que les bébés américains mangeaient de la nourriture solide trop tôt. En effet, 9% des bébés avaient diversifié leur alimentation à quatre semaines et 40% l’avait fait à quatre mois.

Depuis 2001, on recommande d’attendre environ six mois avant d’ajouter tout autre aliment que le lait au régime alimentaire des bébés. Il semble que les parents et les professionnels de la santé qui les accompagnent ne soient pas toujours informés des raisons de cette recommandation et des signes qui montrent qu’un bébé est fin prêt à diversifier son alimentation. Il existe encore beaucoup de confusion et de mythes, comme le fait que l’alimentation solide aidera un bébé à faire ses nuits par exemple ou que le lait maternel « ne suffit plus » à nourrir un bébé (surtout si c’est un garçon avec un bon poids à la naissance).

Tout le chapitre 13 de Bien vivre l’allaitement porte sur la diversification alimentaire. À la page 138, nous avons fait une liste des signes qui indiquent qu’un bébé est prêt à recevoir autre chose que du lait. Nous les reprenons ici:

  • Le bébé est âgé de six à neuf mois;

  • Idéalement, il a doublé son poids de naissance;

  • Il se tient assis sans support. Il maîtrise sa tête et son cou;

  • Il produit suffisamment de salive pour digérer la nourriture;

  • Il est en mesure de pousser la nourriture de l’avant vers l’arrière de sa bouche et d’avaler convenablement. Il est aussi capable de mâcher. Les bébés plus jeunes et moins matures ont tendance à repousser la nourriture vers l’extérieur (réflexe d’extrusion);

  • Il a au moins une dent;

  • Il a la capacité de refuser la nourriture; tourner la tête, pincer les lèvres, etc. Cette compétence apparaît généralement vers cinq mois;

  • Il aime imiter les autres;

  • Il montre de l’intérêt pour la nourriture et les odeurs de cuisine;

  • Il peut attraper et tenir dans ses mains des jouets ou de la nourriture qu’il porte à sa bouche;Il n’est pas malade et n’a pas d’irritations cutanées. Vous pourrez ainsi mieux distinguer les effets allergènes de la nourriture, le cas échéant.

 

Cette liste est aussi disponible en format pdf, pour impression: Prêt à manger?

 

 

Notre cadeau de Noël: publication du chapitre sur la vitamine D

Donner un supplément de vitamine D aux bébés allaités est une question importante qui laisse bien des parents confus.

Lors de la rédaction de Bien vivre l’allaitement, c’est un sujet que nous avons particulièrement fouillé. À l’occasion du temps des fêtes, nous avons choisi de rendre disponible gratuitement de larges extraits de ce chapitre, ainsi que quelques informations exclusives à la publication électronique.

Dans ce texte, vous apprendrez entre autre:

  • Pourquoi le lait maternel n’est pas inadéquat;
  • Qui sont les bébés les plus à risque de souffrir d’une carence en vitamine D;
  • Des pistes pour que la mère et son bébé puissent profiter pleinement d’un statut optimal en vitamine D;
  • Comment optimiser l’exposition solaire chez les nourrissons.

Le texte est ici: Chapitre 9: La vitamine D (pdf)

N’hésitez pas à poursuivre la discussion dans les commentaires ou à venir en parler avec nous sur la page Facebook de Bien vivre l’allaitement.

Bien vivre l’allaitement, le livre qui vous accompagnera de la naissance au sevrage, est disponible en librairie ou en version électronique.

Joyeuses Fêtes!

Le lait maternel contaminé!

Cette semaine, le journal Le Devoir titrait « Le lait maternel contaminé par des ignifuges« .

Extrait:

Des substances qui les protègent du feu imprègnent la plupart des objets. Ordinateurs, meubles, matelas, vêtements, intérieur des voitures, téléphones cellulaires: omniprésents, ces ignifuges le sont aussi dans notre organisme, a découvert une équipe de chercheurs canadiens et chinois. Ils les ont décelés dans le lait maternel des Canadiennes, résultats publiés dans la plus récente édition de la revue scientifique Environment International.

Qui ne serait pas ébranlé par cette lecture? Ne répète-t-on pas partout que le lait maternel est la nourriture la plus saine que l’on puisse donner à un bébé? N’est pas contradictoire d’apprendre qu’il est « contaminé »?

Comme être vivant, une femme qui produit du lait n’est pas détachée du milieu dans lequel elle vit. Nous savons que la pollution encrasse l’eau que l’on boit et l’air que l’on respire. De la même façon, cette pollution vient aussi encrasser le corps humain et donc, le lait que celui-ci produit.

Est-ce préoccupant? Bien sûr, tout le monde devrait se soucier de l’environnement. Est-ce une raison de ne pas allaiter? Non, bien au contraire.

Le lait comme outil scientifique

Il faut savoir que le lait maternel est souvent utilisé par les scientifiques pour mesurer l’exposition humaine aux produits chimiques. Il ne coûte pas cher à analyser et il est plus facile d’obtenir des échantillons de lait que de faire des ponctions de sang ou de graisse. Le lait maternel n’est pas la cause de la contamination, il devient plutôt un thermomètre de la contamination présente chez tout un chacun.

Si on examinait le corps de n’importe quel être humain de la planète, jeune ou vieux, allaité ou non, on y trouverait une accumulation de substances chimiques.

De plus, si le lait d’une femme est affecté par les polluants, le lait tout autre mammifères, la vache par exemple, l’est aussi. Les préparations pour nourrissons ne font pas exception: des polluants organiques et des métaux lourds ont tous été détectés dans les aliments commercialisés pour nourrissons.

Mais est-ce dangereux?

L’exposition aux polluants avant et pendant la grossesse représente un plus grand risque pour le foetus que l’allaitement. De plus, les données recueillies laissent croire que les avantages de l’allaitement compensent les risques incertains qui viendrait de la présence de polluants dans le lait.

Même les femmes inuites, qui sont plus exposées que les autres Canadiennes aux polluants, sont encouragées à allaiter leurs bébés. Nous avions d’ailleurs publié un billet à ce sujet il y a quelques mois.

La bonne nouvelle

Beaucoup trop de polluants se trouvent encore dans l’environnement. La bonne nouvelle est qu’au cours des dernières décennies, la quantité de plusieurs d’entre eux ne cessent de diminuer dans le lait maternel. Cela prouve que les mesures prises par les gouvernements pour limiter l’utilisation de polluants ont porté fruit. Comme citoyens préoccupés par la santé de nos enfants, nous devons continuer de les exiger.

De plus, une étude publié en 2011 dans Environmental Science and Technology par l’Institut de santé publique norvégien a montré que plus l’allaitement durait longtemps, moins les polluants étaient présents dans le lait.

Vous trouverez dans Bien vivre l’allaitement, au chapitre 17,  quelques pistes qui permettent de réduire les risques d’expositions aux polluants.

Sommeil partagé, l’heure juste

Le site Yahoo! Actualité publiait la semaine dernière un article sur le sommeil partagé qui nous a fait dresser les cheveux sur la tête. Le texte n’est pas signé et ne mentionne pas ses sources, ce qui le rend peu crédible. Néanmoins, nous avons décidé de l’examiner de plus près. Pour ce faire nous nous sommes servies des informations contenues dans le chapitre de notre livre consacré au sommeil.

Les extraits de l’article sont entre guillemets.

Plusieurs parents choisissent de dormir avec leur bébé. Parce que les mères allaitent, c’est souvent pour une question de commodité, mais d’autres mères, qui ont du mal à se séparer de leur bébé, recherchent constamment un contact avec celui-ci.

Non seulement plusieurs mais une grande majorité de parents choisissent de dormir à un moment ou un autre avec leur bébé. En 1999, un sondage réalisé par le magazine Today’s Parent montrait que 83% d’entre eux avait dormi au moins une fois avec leur bébé. En Suède, deux bébés sur trois dorment régulièrement avec un adulte et en Angleterre, des chercheurs se sont aperçus que s’ils n’avaient pas demandé aux parents si l’enfant avait été déplacé de son lit au cours de la nuit, ils seraient passés à côté de la moitié des cas de partage du lit! En outre, les mères qui allaitent sont deux fois plus nombreuses à dormir avec leur bébé que les autres.

De nombreux pédiatres recommandent de ne pas dormir avec les bébés. Si les femmes veulent le faire, cela pourrait être acceptable pendant les deux ou trois premières semaines seulement, le temps que maman et bébé se rassurent et qu’ils gagnent de la confiance.

En effet, la Société canadienne de pédiatrie recommande le partage de la chambre, mais continue de condamner la pratique du partage du lit. Cette position nous semble excessive et de nombreux spécialistes du sommeil des bébés et de l’allaitement défendent le partage du lit, entre autres l’anthropologue Dr James McKenna et le pédiatre américain Dr William Sears. Quant au fait de partager le lit pendant les deux ou trois premières semaines, sur quoi s’appuie-t-on pour affirmer que cela ne serait plus acceptable ensuite?

Famili mentionne que les bébés ont besoin de s’approprier leur sommeil et la mère doit accepter de se séparer de son enfant.

Quel passage étrange! Le co-dodo est une pratique millénaire et la façon dont la majorité des mères et des bébés du monde choisissent aujourd’hui de dormir. C’est en très grande partie notre culture occidentale qui a construit le mythe du bon bébé qui dort toute la nuit, dans son propre lit et dans une pièce séparée de sa mère. Depuis le début du XXe siècle, on maintient la promesse qu’un bébé qui dort seul et longtemps est à la base du développement de l’autonomie de l’enfant. Pourtant, aucune recherche n’a prouvé cette affirmation… bien que nous persistions à y croire!

Un bébé qui est câliné, pris dans les bras de ses parents et à qui l’on porte attention durant le jour n’a pas besoin de dormir avec ses parents, car il est déjà rassuré.

Si les parents choisissent de dormir avec leur bébé, ce n’est pas simplement pour le rassurer. Le partage du lit est une solution simple et pratique à bien des problèmes. Nul besoin de se lever, de marcher vers une autre pièce, de mettre au sein un bébé qui hurle déjà et de risquer les accidents en s’endormant sur une chaise ou un canapé avec lui. En favorisant les tétées fréquentes et la proximité entre la mère et son enfant, le partage du lit est sans doute un des meilleurs moyens pour bien démarrer et prolonger l’allaitement. En effet, les mères qui dorment avec leurs bébés allaitent plus longtemps et le sommeil partagé présente le grand avantage de favoriser le sommeil de la mère.

De plus, il existe de nombreux dangers à faire dormir un bébé dans son lit. Cela augmente les risques de mort subite du nourrisson. Il pourrait avoir trop chaud, se mettre le nez dans un oreiller, s’étouffer sous les couvertures qu’un de ses parents aurait jetées sur lui par mégarde en dormant. De plus, il peut être écrasé par un de ses parents. Le sixième sens qui empêcherait ces derniers de rouler sur leur bébé n’existe pas, rappellent les pédiatres.

Nous y voilà. Ce paragraphe est particulièrement irritant. Il existe des règles simples et concises qui permettent un partage du lit en toute sécurité. Ces règles sont expliquées en détail dans notre livre et diffusées entre autres par l’UNICEF. De plus, il y a lieu d’être critiques faces aux études qui montrent un lien entre le partage du lit et la mort subite du nourrisson: où dormait le bébé et son parent et dans quelles conditions? Avec qui dormait le bébé? L’enfant était-il allaité? Quel était l’état du parent? L’état du bébé?

En 2006, une importante étude britannique publiée dans The Lancet démontre qu’au moment où les décès dans le lit parental diminuaient de moitié en vingt ans, le nombre de morts inattendues survenues pendant un sommeil partagé sur un canapé avait quadruplé! L’auteur de l’étude, le professeur Peter Fleming, explique que l’absence de messages préventifs est en partie à blâmer. Des familles lui avaient confié que comme on leur avait dit de ne jamais partager le lit avec leur bébé, elles le nourrissaient alors sur un canapé, un endroit fort inapproprié pour dormir avec son nourrisson.

Puisque le nombre de bébés qui dorment avec leur mère est largement sous-estimé et que les bienfaits de l’allaitement exclusif sont connus, n’y aurait-il pas lieu d’adopter une approche plus ciblée du partage du lit, par exemple en insistant sur la façon sécuritaire de le pratiquer?

Pour une petite sieste, il n’y a rien de mal à dormir avec son bébé, mais sinon, optez plutôt pour un berceau au pied du lit si vous voulez être près de lui pour les premiers mois.

Quel contradiction entre la fin de l’article et tout le reste! Bien sûr, les parents peuvent choisir de ne pas dormir avec leur bébé. Nous ne sommes pas en train de dire que le sommeil partagé représente la seule ou la meilleure façon de faire dormir un bébé. Simplement, les parents ne devraient pas être soumis à des messages moralisateurs et simplistes. Ils devraient plutôt être en mesure d’obtenir une information juste sur les différentes options qui s’offrent à eux afin de faire leurs propres choix de parentage.

(source de la photo: Green Parent)

ANR, allaitement et sexualité

Les médias ont fait grand cas ces derniers jours de l’Adult Nursing Relationship, c’est-à-dire le fait d’allaiter son conjoint. Nous avons été sollicitées à quelques reprises pour donner notre avis sur le sujet.

L’ANR n’a rien à voir avec l’étymologie du mot allaitement, qui est nourrir de son lait, mais tout à faire avec l’intimité sexuelle de deux adultes consentants. Ainsi, d’amalgamer allaitement « maternel » et ANR revient à confondre deux sujets bien différents. Une Québécoise qui pratique l’ANR l’admettait d’ailleurs d’emblée sur le forum de discussion Dans le ventre de maman:

Quant au fait que je nuis à la cause de l’allaitement, je vous prie de considérer le fait qu’il n’y a pas de points commun entre l’allaitement maternel et l’allaitement érotique. 

Voilà pour l’ANR.

L’allaitement, maintenant, bien qu’il aie pour but de nourrir un bébé, est aussi un geste qui peut être (et paraître) sensuel. Nous abordons cet aspect au chapitre 18 de notre livre qui comporte une partie sur la sexualité en période d’allaitement. 

Extraits:

Porter un bébé contre sa peau nue, se faire caresser par une petite main, sentir sa respiration chaude contre son sein, voilà autant de sensations agréables vécues par la femme qui allaite.

De plus, allaiter est plaisant. Tant pour la mère que pour le bébé. Plaisir d’être contre le sein de sa mère, plaisir de goûter le lait, plaisir de la succion, plaisir de voir son nourrisson grandir, plaisir de le voir se régaler de son lait, etc. Pour bien des femmes, c’est une découverte émancipatrice qui procure un bien-être et une image positive de leur corps. Pour certaines autres cependant, cette perspective de tant de proximité peut les retenir d’allaiter.

– Bien vivre l’allaitement, p. 181.

Les seins des femmes ont plusieurs fonctions et il peut être difficile parfois de concilier le sein érotique et le sein nourricier. Le sujet reste tabou et une femme peut se sentir dépourvue lorsque confrontée à ces sentiments, qui sont pourtant normaux.

Refuser d’écouter cette réalité ne revient-il pas à nier le ressenti des femmes? Il serait en tout cas dommage qu’au nom d’un certain militantisme on en vienne à taire ce qu’elles vivent afin de ne pas nuire à ce que d’aucuns appellent une cause. 

Pour poursuivre la réflexion…
Allaitement et sexualité, un texte de Bernard Bel d’abord publié pour dans le bulletin d’information du Groupe Maman puis repris sur le site de Nourri-Source.

La Leche League : Sexuality and Breastfeeding

Une préface en cadeau

Micheline Lanctôt et Pascale Bussières signent la préface de notre livre. Que ces deux dames du cinéma québécois acceptent de partager une partie de leur expérience de mères a été pour nous un véritable cadeau.

Dans ses films, Micheline Lanctôt a souvent abordé le thème de la maternité, sous ses aspects les plus lumineux comme les plus sombres. La grand-mère et mère de deux enfants est aussi porte-parole de Premiers Pas un organisme qui vise à soutenir les parents de jeunes enfants.

J’adorais ces moments d’une précieuse intimité, comparable seulement aux chatouilles de l’intérieur du ventre lorsque le fœtus fait la culbute. J’avais l’impression d’être comme la mère ourse lovée dans la torpeur douillette de sa tanière d’hiver, recroquevillée sur un petit corps chaud  dont la bouche goulue trouve spontanément le tétin.

– Micheline Lanctôt, Bien vivre l’allaitement

Pascale Bussières a souvent parlé de Micheline Lanctôt comme étant son mentor. L’affection et le respect que les deux femmes se portent est en tout cas évident. Mère de deux garçons, Pascale Bussières s’est aussi questionnée publiquement sur la difficile conciliation entre la maternité et son travail de création.

Je ne me suis pas posé la question de l’allaitement moi non plus. Ça me paraissait évident, naturel, primitif  voire au-delà de la raison. Mais les choses, en apparence si simples, ne se passent pas toujours sans heurts. La naissance de mes deux enfants n’a ressemblé en rien à ce que j’avais visualisé pendant de longues heures tout au long de mes grossesses.

– Pascale Bussières, Bien vivre l’allaitement

Il était important que la préface de Bien vivre l’allaitement soit signée par quelqu’un en-dehors du cercle des spécialistes et initiés habituels. Ce livre est après tout écrit par deux mères qui croient que les femmes sont les mieux en mesure de décider ce qui leur convient. Le livre contient d’ailleurs de nombreux témoignages de mères.

Avec la préface de Micheline et de Pascale, il  nous a semblé que le ton ne pouvait pas être plus juste. Un échange et un partage de deux expériences différentes, mais riches de sens.

Sources des photos: Premiers Pas projet Écosphère

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